Un plongeon dans une quête de la relation inter-espèces de dix millions de manières. Des tiroirs prêts-à-monter et à remonter, encore et encore. Une tentative de tracer des hyphes ouvrant sur une écologie proche du vivant dans nos relations inter-espèces. Je commence à trouver les moisissures dans mon appartement sympathiques et à leur place. Ce manifeste se veut être une porte d'entrée subjective essayant d'être plus, une trottelecture, une bouture encore éloignée du Mycélocène, pour aider à co-embarquer dans cette politique des interdépendances alliant la co-habitation et la co-évolution.
Une approche subjective, issue d’une culture majoritairement européenne et francophone, ainsi que de ma propre démarche personnelle débutant concrètement un peu avant 2025. J’espère mener une quête qui s'essaye à toucher une certaine objectivité, en commençant par des noms qui, je pense, sont assez percutant·es dans la philosophie inter-espèces en France. Une volonté se précise autour des micro-organismes, et de leur dimension politique au sein de notre société ( = sujet ). Ce pan théorique me permet de rebondir sur les pratiques hybrides du biohacking et du biodesign, souvent très liées à l’open source. Sans que tout ce bazar de ressources et d’essais soit trop dense, ce manifeste se doit d’être une porte d’entrée, invitant à une nouvelle plongée qui peut différer de la mienne, tout en proposant suffisamment de ressources pour choisir un nouvel axe de vision, qu’il soit théorique, hybride ou pratique.
... à force de ne plus faire attention au monde
vivant, aux autres espèces, aux milieux, aux dynamiques écologiques qui
tissent tout le monde ensemble, on crée de toutes
pièces un cosmos muet et absurdes...
Baptiste Morizot, Manières d'être vivant
une crise de nos relations au vivant
Baptiste Morizot, Manières d'être vivant
une crise de nos relations productives aux milieux vivants, visible dans la frénésie extractiviste et
financiarisée de l'économie politique dominante
Baptiste Morizot, Manières d'être
vivant
pas les vivants « autres », qui ne partagent pas nos vies intentionnelles, mais qui font monde avec nous,
que nous le voulions ou non
Anna Lowenhaupt Tsing, Prolifération
vivre dans les ruines du capitalisme est sans doute, et en tout état de cause, notre destin,
mais nous n'y serons pas seul·es et nous y côtoierons des êtres
redoutables
Anna Lowenhaupt Tsing, Prolifération
une part de ce que la modernité appelle progrès qualifie quatre siècles de dispositifs qui permettent de ne pas avoir à faire attention ; aux altérités, aux autres formes de vie, aux écosystèmes
les champignons, en particulier, sont toujours là, et sur les marches indociles de l'empire humain [...]
demandant seulement l'attachement attentionné aux lieux où parfois ils s'offrent [...] permettront-ils la
survie des zones fragmentaires capables de résister au désastre des proliférations de l'Anthropocène ?
Isabelle Stengers, préface de Prolifération
un avenir où l'homme aurait renoué avec les matériaux vivants
Vinciane Despret, préface Demeurer en mycélium
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